Les doulas dans le Monde versus les doulas en France.

J’ai eu une chance incroyable de me former puis pratiquer mon métier de doula en Australie ou les doulas sont de plus en plus reconnues comme des membres respectés de l’équipe de naissance. Il en est de même dans de nombreux autres pays anglophones ou notre métier est bien plus répandu qu’en France.

Meghan Markle, la femme du Prince Harry en Angleterre avait une doula présente à son accouchement! Il en est de même pour de nombreuses autres célébrités partout dans le monde : Jessica Biel et Justin Timberlake, Kristen Bell ou encore Nicole Kidman déjà en 2008!

Les tumblr memes de Ryan Gosling vantant les mérites d’une doula ont plus de 10 ans!

A Sydney où j’ai travaillé plusieurs années, le coût de la vie est cher et les salaires élevés. Beaucoup de femmes s’entourent d’une doula et l’idée de payer pour ce service est totalement normal. Le prix pour un accompagnement global avec une doula varie de AUD$1,300 à plus de AUD$4,000 en fonction de l’expérience de la doula et de ses compétences additionnelles. C’est l’équivalent de 800 € pour une doula débutante à plus 2,500 € et plus pour une doula très expérimentée! En France, en comparaison le tarif se situe plutôt entre 300 € et 1,000 €.

Les doulas dans le monde

DONA aux USA (Doulas of North America International), le plus grand organisme au monde formant des doulas, recense 12,000 doulas dans plus de 50 pays. Et ce n’est que celles qu’ils ont formé ! En incluant toutes les organismes de formation dans le monde et les doulas qui ont ‘appris sur le tas’, on peut facilement imaginer 3 fois plus !

En Amérique du Nord le métier de doula s’est vraiment bien développé. On estime que 10% de femmes à New-York emploi maintenant une doula pour les soutenir. A première vue, cela peut paraitre antagoniste quand on connait les statistiques obstétricales aux USA avec plus de 35% de césariennes mais justement cette augmentation de la présence des doulas est sans doute la conséquence d’une forte envie de changement pour les femmes new-yorkaises et d’une opposition à la surmédicalisation. (Rappelons que l’OMS estime que le taux « idéal » de césariennes dans une population se situe entre 10 et 15 %. Au-delà, il n’y a pas de bénéfice supplémentaire vis-à-vis des risques induits).

De nombreuses études ont été conduites sur le sujet et démontrent les bénéfices d’avoir une doula. Elles sont devenues une partie intégrale de l’équipe de naissance et de l’équipe postnatale (comme le démontre mon expérience en Australie).

Les doulas en France

En France, on est encore loin derrière. Plus de 150 doulas sont répertoriées par l’Association Doulas de France, plus de 100 par l’annuaire Doula Famille mais le métier est en pleine expansion et tous les jours je reçois sur Instagram des demandes de connection de doulas en devenir ou vois passer de nouvelles formations de doulas ! 

Alors Instagram ne représentent pas la réalité du terrain. Très peu d’hôpitaux autorisent une seconde personne présente à l’accouchement et le métier de doula est très peu connu de la majorité des professionnels hospitaliers. La plupart des doulas en France proposent un accompagnement pre et postnatal mais n’ont ni l’expérience, ni la possibilité d’accompagner physiquement à l’hôpital.

Bravo à la Maternité de Nanterre pour son accueil et partenariat de doulas membres de l’association Doulas de France. C’est une avancée énorme et un signe hyper encourageant !

Heureusement les sages-femmes libérales et les praticiens paramédicaux (ostéopathes, kinés, sophrologues, psychologues en périnatalité,…) connaissent bien mieux notre métier ! Les choses progressent mais soyons clairs, la France on est probablement 10 ou 15 ans derrière d’autres pays !

La semaine mondiale des doulas

World Doula Week est célébré depuis 2010 tous les ans, du 22 au 28 mars. L’objectif est de souligner les bienfaits de la présence des doulas pendant toute la période périnatale.

En mettant en avant notre métier cela permet d’informer plus de familles pour, nous l’espérons, ameliorer globalement la santé émotionnelle, psychique et physique des femmes et des nouveau-nés lors d’une grossesse, d’une naissance et d’un post-partum.

De nombreuses études ont été conduites sur le sujet et démontrent les bénéfices d’avoir une doula.

La plus récente date de 2017 par Bohren et al. C’est une revue systématique Cochrane* de 26 études dans plus de 17 pays impliquant 15 858 femmes au total, intitulée « Soutien continu pour les femmes pendant l’accouchement« . L’étude conclue que la présence d’un(e) accompagnant(e) doula améliore les résultats d’un accouchement a la fois pour maman et bébé.

Résultats :

  • favorise un accouchement spontané (plutot qu’un déclenchement)
  • durée de l’accouchement réduite
  • baisse des césariennes
  • baisse des péridurales
  • baisse du besoin de médicaments pour la douleur
  • baisse des extractions instrumentales (ventouse, forceps)
  • baisse de sentiments négatifs par rapport a l’accouchement
  • réduit les risques de score APGAR faible (évaluation de la vitalité d’un nouveau-né)
  • La dépression post‐partum pourrait être moins fréquente

Une autre étude est souvent citée, celle de Klaus, Kennel and Klaus** (1993, USA) avec 50% de baisse du taux de césarienne, 60% de baisse des demandes de péridurales, 25% de diminution de la durée du travail, une meilleure interaction et un meilleur attachement maman/bébé, ainsi qu’un meilleur allaitement.

CONCLUSION : AUCUNE CONSEQUENCE NEGATIVE !! QUE DE MEILLEURS RESULTATS.

Je pense que en ayant cette information, la majorité des femmes en France et dans le monde diraient qu’elles veulent une doula, non?! Alors pourquoi le système médicale est-il encore si frileux face a notre métier?!

Pour poursuivre mon chemin de vie, j’espère pouvoir contribuer à l’expansion et au développement de notre métier en France, afin de contribuer à la prophétie d’Odent et dechanger la façon dont les enfants naissent.